Cette Question d’Architecture  « Patrimoine & Mémoire » vise à confronter l’étudiant à l’interaction entre les conditions physiques et les conditions culturelles du projet d’architecture dans un bâti préexistant.

Ce module questionne une démarche de conceptualisation d’une situation en lien avec la réalité disciplinaire.  

Il vise à expérimenter de manière approfondie par le projet, les différents aspects et exigences liés à l’adaptation d’un bâti pré-existant aux enjeux contemporains. Outre les notions de parti architectural et de réhabilitation, les étudiants pousseront leur démarche jusqu’aux détails d’exécution des parties les plus significatives de leur projet.


  1. CONTENU

Le module est alimenté par des cours théoriques, des exposés ex-cathedra et/ou de séminaires participatifs.  L’enseignement développe les thématiques suivantes :


Archéologie du bâti

Au terme d’une observation minutieuse  de structures bâties, de matériaux et de leur mise en œuvre, les étudiants seront capables de distinguer les cohérences et les incohérences, de situer les ouvrages dans une chronologie relative, de comprendre l’état d’origine, les transformations au cours du temps et d’argumenter une hiérarchie des valeurs.


Matérialité & intégration architectonique dans le patrimoine

Comment articuler une proposition qui à la fois puisse se lire sans ambiguïté par rapport aux éléments du patrimoine en présence sans être prédominant et entrer en résonnance avec ceux-ci

par des choix architectoniques pertinents : forme, structure, matière, matériaux…

 

Technique & Confort

En partant des techniques traditionnelles de la construction, de l’éclairage, du chauffage, de l’usage de l’eau, les cours aborderont les exigences actuelles de confort et les techniques les plus élaborées du confort, et les moins invasives et réversibles dans un contexte patrimonial : isolation thermique et acoustique, chauffage, éclairage, sanitaire et égouttage, mobilité, prévention incendie.

 

Atelier B

Réalisation d’un projet d’intégration architecturale dans un bâti existant, en groupe de trois étudiants.


SUJET D’ETUDE

Le sujet proposé à l’étude est la valorisation du site carrier et chaufournier Soufflet-Leblond à Antoing. Celui-ci, situé le long de l’Escaut, était autrefois bien desservi par le chemin de fer.

 

La particularité de ce site industriel est d’avoir été actif depuis 1860 jusqu’à la fin des années 1930, et de s’être étendu sans jamais avoir démoli ses installations antérieures. D’ordinaire, les carrières s’étendent  au détriment des bâtiments devenus vétustes. Ici, les bâtiments conservés entre les deux carrières, du Vicaire et du Requiem, constituent un intéressant témoin de l’évolution de la calcination de la pierre calcaire afin de produire de la chaux et, dans les dernières années, du ciment.

 

Ce sont essentiellement les fours à chaux qui ont résisté au temps grâce à leur structure colossale, mais d’autres ruines témoignent du circuit de la matière depuis le fond de la carrière jusqu’au produit fini: les pompes d’exhaure, les rails des wagonnets, les treuils, les ateliers de taille et de mise en sac des liants, les bureaux, les quais.

 

Laissées à l’abandon, les carrières se sont remplies d’eau, leurs berges se sont couvertes d’arbres, et les bâtiments sont devenus des abris pour les espèces cavernicoles : ce biotope très particulier en fait un lieu d’observation de la nature exceptionnel.

 

Le site est resté la propriété de la société cimentière Holcim qui, à la demande de la commune d’Antoing, accepte de le valoriser comme centre d’interprétation du bassin carrier du Tournaisis.

 

La commune a confié au Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques de l’Université de Liège une étude historique du site des fours à chaux et carrières Soufflet-Leblond à Antoing (disponible sur Moodle) et une étude de faisabilité pour la mise en valeur du site des fours à chaux et à ciment aux architectes Coster & Vanden Eynde d’Enghien (également disponible). Le projet de mise en valeur  étendu à tout le bassin carrier d’Antoing a été confié au scénariste François Schuiten.