Ontologie et anthropologie dans l’Idéalisme Allemand. Schelling, Hegel, Hölderlin.

Plutôt que de d’opposer les philosophes idéalistes, l’objectif du cours consistera à cerner leur point de départ commun à partir du texte de l’Athaeneum souvent nommé le Systemprogramm, pour comprendre comment c’est autour de cette volonté commune d’intervenir tant dans la culture scientifique que dans les domaines du politique et de la religion qu’une nouvelle génération philosophique prend son élan. Elle partage avec les romantiques et les maîtres de l’école transcendantale l’idée qu’un point critique a été atteint dans le développement des savoirs, des institutions politiques et des attentes éthiques. Les textes de étudiés permettront d’analyser les répercussions de ce constat sur la recherche transversale d’une nouvelle ontologie du commun.

Dans un premier temps, au moyen d’une analyse approfondie des principaux moments de l’écrit sur la liberté de Schelling (Recherches philosophiques sur l’essence de la liberté humaine), nous verrons comment le problème de la liberté humaine amène Schelling à élaborer une genèse spéculative de l’esprit, au sein de laquelle il sera contraint de reconnaître une opacité fondamentale, le Grund, coextensible à l'homme et au monde. 

Dans un deuxième temps, et par une lecture de la Phénoménologie de l’esprit, nous essayerons de saisir la manière dont Hegel construit des figures de la conscience en vue d’un travail productif sur les fractures constitutives du sujet, à savoir : l’énonciation de la certitude sensible, le conflit pratique issu de la pluralité des consciences et les illusions transcendantales propres aux représentations religieuses. 

Finalement, en ce qui concerne la figure de Hölderlin, nous viserons à analyser, la forme poétique de l'idée d’humanité libre, notamment dans ses « Hymnen »  et, ensuite, l’habiter poétisant et la beauté comme expressions de la liberté, dans trois poèmes: « Der Rhein », « Germanien » et « In lieblicher Bläue », tout ceci en essayant de nous détacher de l'interprétation que Heidegger en donne dans ses écrits et ses séminaires sur Hölderlin.